TÉMOIGNAGE : “Après avoir raté mes concours de prépa, j’ai intégré Audencia en AST” Par Nicolas Duaut - Audencia

Après 2 ans de prépa, Nicolas a eu le choix entre cuber et tenter la voie des admissions parallèles. Il a opté pour la 2ème solution et détaille pour vous les tenants et aboutissants de sa décision qui lui a permis d'intégrer Audencia. 

 

Je tiens à remercier Beyza C. et Mathilde L. pour leur participation.

 

Si vous hésitez à cuber ou à tenter les admissions parallèles après vos deux années de prépa, je vous renvoie vers cet article : « Après 2 ans de prépa, faut-il cuber ou tenter les admissions parallèles ? » ou : « Intégrer une école du TOP 3 après 2 ans en prépa + une 3ème année de Licence. Est-ce possible ? » ou encore : « Intégrer une école du TOP 4 à 10 après 2 ans en prépa + une 3ème année de Licence. Est-ce possible ? ». 

 

Ici, mon témoignage a un objectif : c’est de vous rassurer d’une part car je suis passé par cette situation, mais également de vous donner plus de ‘matière’ pour vous aider dans votre prise de décision. Car il faut se l’avouer, c’est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. 


Parcours et expérience de la prépa

Après un bac S, je me suis dirigé vers une CPGE ECS dans une petite prépa près de chez moi. Une première année passée sans trop de difficultés mais une deuxième année beaucoup plus chaotique et un échec total aux concours : je n’ai eu aucune école du TOP 10. 

Une classe préparatoire demande certes du travail, mais surtout du mental. Elle est stressante, chronophage et demande des conditions optimales pour pouvoir étudier. Pour des raisons X ou Y, des questions structurelles, d’organisation, de confiance, de situation, d’événements, chaque individu la vit différemment. Certain.e.s trouveront la prépa facile, d’autres abandonneront, certain.e.s échoueront et d’autres persisteront. Quand bien même je dresse une liste des inconvénients, la classe préparatoire reste néanmoins une expérience à la fois très formatrice et enrichissante avec un peu de recul. 

 

Mais voilà, on y est : les résultats des concours sont tombés. Tu as détruit une forêt entière à force d’essuyer tes larmes avec tes mouchoirs et la question fatidique se pose : dois-je cuber ou tenter les admissions parallèles ? Tu épluches les forums, et là, des dizaines de questions pullulent de ton petit esprit de préparationnaire :  

 

  • Si je vais à la fac et que je rate de nouveau les concours, je n’aurais jamais d’école ? 

  • Comment vais-je rattraper le programme de la fac si je vais directement en troisième année ?  

  • Vais-je pouvoir gérer en même temps la fac et les admissions parallèles ? 

  • Ne vais-je pas être recalé directement au vu de mon dossier scolaire de ces deux années de prépa ? 

  • Les écoles vont-elles m’accepter si j’ai fait 2 ans de prépa ? Et surtout, comment je vais justifier mes deux années de prépa auprès des recruteurs ? « Pourquoi ne pas avoir cubé ? », « tu n’avais pas le niveau pour cuber ? ». Questions qui font déjà froid dans le dos. Brr. 

Direction les AST : expérience de la fac et des concours AST par rapport à la prépa

 

Dans mon cas c’était la panique totale. Je pouvais cuber mais j’ai décidé autrement : je suis allé à la fac avec des appréhensions et je ne regrette pas. Dans les faits, il n’y AUCUNE RAISON que tu n’aies pas d’écoles si tu es motivé et que tu travailles. Chaque personne dans mon entourage qui avait fait auparavant une classe préparatoire a toujours eu mieux que ses résultats en prépa : EM Lyon, EDHEC, TBS, Audencia, Grenoble EM, Skema, bref.

Les AST ne sont pas plus faciles. Les épreuves sont effectivement plus faciles pour les préparationnaires qui se sont déjà entrainés pendant deux années consécutives à de tels concours. À contrario des étudiants effectuant un parcours en licence qui préparent généralement leurs concours en parallèle de leur L3. Vous l’avez sûrement entendu maintes et maintes fois, la prépa vous donne une force de travail et une méthode. Plus encore, grâce à votre l’aisance à l’oral de motivation et aux oraux de langues avec les khôlles, vous avez une longueur d’avance sur ce plan-là. Il est donc tout à fait possible de gérer les admissions parallèles et la fac en même temps. Pour preuve, je gérais à la fois la fac, une préparation chez Admission Parallèle (qui m’a par ailleurs apporté énormément et que je conseille vivement) et également quelques jobs le week-end. 

 

Ce qui me permet d’aborder un sujet récurrent qui fait défaut aux prépas : leur manque d’expérience professionnelle. En règle générale, les étudiants à la faculté possèdent bien plus d’expériences que les élèves de prépa qui n’ont fait que de travailler leurs concours et qui n’ont pas eu vraiment de temps disponible pour y penser. Car en AST, l’expérience est PRIMORDIALE et vous n’avez que quelques mois pour en gagner contrairement aux L3 qui auront déjà eu plusieurs expériences pendant leurs 3 années. Vous en aurez besoin pour les écoles qui demandent le CV mais surtout pour les oraux afin de défendre votre parcours. En prépa les écrits sont la clé, en AST ce sont les oraux. Comparés à une épreuve de maths HEC, vous les réussirez sans trop de difficultés si vous les travaillez régulièrement et avec méthode.

 

Grâce aux équivalences de prépa, j’ai pu rattraper en 3e année une licence de gestion qui s’est très bien déroulée : n’ayez aucune appréhension sur la charge de travail (exception faite pour les universités comme Dauphine ou Assas dans lesquelles le travail demandé est plus intense). Je tournais autour de 13 de moyenne générale et 12 en me focalisant vraiment sur les concours. Chaque année, les enseignant reprennent les bases, vous pouvez aussi demander aux autres élèves le cours de l’année dernière dans le cas échéant. Mais impossible de délaisser sa licence au profit des concours. En effet, les notes de la licence comptent pour les écoles (sauf concours Passerelle et Tremplin) et plus vous montez dans le classement des écoles, plus elles prennent une place importante dans votre dossier. À noter que les notes de prépa comptent et je sais que les notes avoisinent assez rarement les 19 de moyenne mais le jury en est conscient. Prouvez-leur que ce n’est pas le reflet de votre niveau en ayant une bonne moyenne en licence. 

 

Passer de prépa à la faculté, c’est surtout un grand plongeon vers l’autonomie. Vous allez devoir plancher sur des choses que vous n’avez encore jamais vu en prépa : réfléchir sur votre projet professionnel, acquérir de l’expérience pro, faire un CV, sans l’aide d’un ‘cadre’. C’est à vous de vous débrouiller même si vous pouvez être accompagné via une préparation. Je vous laisse voir à la fin de l’article dans la partie ‘conseils’ pour vous aider sur ce sujet . 

 

Cependant, on ne pense pas à une chose, c’est que les admissions parallèles vont énormément vous aider lors de votre insertion professionnelle, notamment pour trouver des stages, pour savoir ce que vous allez faire plus tard et pour le CV que vous avez peaufiné. Il n’y aura pas de réel désavantage en entreprise si vous avez fait AST, si ce n’est pour certains secteurs de la finance (M&A, PE, …) ou les cabinets de conseil les plus prestigieux (type BCG ou Mckinsey), et encore.

 

Dans mon cas, j’ai été admissible à l’EDHEC et admis in fine à toutes les écoles jusqu’à Audencia. Maintenant, c’est ton tour !

 

Autres témoignages, mêmes conclusions

J’ai recueilli plusieurs témoignages et conseils sur l’expérience d’étudiants qui ont été dans cette situation. 

 

Beyza Cakir, étudiante à Toulouse Business School : « Quand j’ai eu mes résultats des concours prépa, j’étais très déçue. Déçue des résultats d’écrits, je n’ai même pas été admise à l’école que j’avais eu. Finalement, c’était une chance. A l’époque, je ne connaissais que brièvement les AST  et maintenant je ne regrette rien : j’ai été admissible à toutes les écoles que j’ai présenté. Sans attendre les résultats des autres écoles, j’ai choisi TBS. Je me dis que finalement la prépa n’était peut-être juste pas faite pour moi même si je ne regrette pas mes 2 années qui ont été riches intellectuellement. Et non, en école il n’y a pas les AST d’un côté et les prépa d’un autre. On vit très bien ensemble. Il ne faut pas que les AST vous rebutent, au contraire. C’est une chance formidable que vous ne pouvez que saisir ; surtout si vous pensez qu’en prépa vos perspectives d’évolutions sont minimes. Ne choisissez pas une école par dépit. Une école de commerce c’est cher, autant que ça vaille le coup, non ? » 

 

Mathilde L., étudiante à Audencia Business School : « Après deux années de travail, les résultats tombaient. Je manquais à quelques centièmes de point l’école de mes rêves. Pour moi il était évident que j’allais cuber. Je n’avais jamais entendu parler de la passerelle AST. Après m’être renseignée, j’ai appris qu’au sein même de mon lycée il y avait une classe L3 ATS qui préparait aux concours des école de commerces mais aussi de suivre des cours à la faculté tout en obtenant une licence de gestion. Sans hésiter, j’ai postulé. Nous étions six sortant de prépa avec des personnes de BTS, DUT et fac. Cette formation fut très enrichissante car en plus de cela, elle nous obligeait à réaliser un stage de deux mois que j’ai choisi de réaliser en Espagne. Cela a permis d’enrichir mon CV car en sortant de prépa avons généralement peu d’expérience, mais aussi d’être au même niveau que nos concurrents. Ainsi grâce à cette formation, j’ai été admise à Audencia et je ne peux que conseiller ce cursus. On se retrouve au même niveau que nos camarades ayant réussi les concours du premier coup en prépa, mais en plus de cela on économise un an de frais de scolarité ! »

 

Conseils pour un préparationnaire perdu face aux concours AST

  • Pour améliorer votre CV et gagner en expérience professionnelle, je vous conseille de trouver un job à temps partiel le week-end (vendeur, caissier, etc.). Si vous ne trouvez pas ou que vous manquez de temps, utilisez des plateformes comme StaffMe ou Student Pop si vous êtes près de Paris. Pensez également à multiplier les expériences. Songez par exemple au bénévolat, aux associations de la fac, aux concours d’entrepreneuriat/Hackaton, des MOOC en ligne ou simplement à vous investir dans votre passion (si vous en avez pas, créez-en une). Et surtout : ne mettez jamais, mais jamais, les logos d’entreprises à côté de vos expériences sur votre CV. 

 

  • Lors des oraux, les jurys vont très sûrement vous demander pourquoi ne pas avoir cubé. Personnellement je répondais que je souhaitais voir autre chose, reprendre mes hobbies que j’avais dû délaisser à cause de la prépa et gagner en expérience professionnelle. Ne commencez pas à dire que vous n’étiez pas fait pour la prépa ou que vous n’y arriviez pas, chose qui est plus difficile à justifier !

 

  • Soyez pro-actifs. Discutez avec des personnes qui ont été dans votre cas. Imaginez-vous pendant les oraux. Notez vos idées, perfectionnez votre CV, précisez votre projet pro, anticipez les questions du jury, les sujets, etc. Par exemple, j’avais un livre d’actualité qui problématisait des dizaines de sujets/débats, donnait des opinions et des illustrations aux arguments. Je fichais même ce bouquin car je savais que si j’avais la chance de tomber sur un de ces sujets, j’allais cartonner à l’oral. J’en avais lu un sur les Anti-vaxxers et pile à l’oral d’anglais d’Audencia, j’ai eu ce sujet, ce qui m’a considérablement aidé.

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